Yuriko Takagi lors d’une première collaboration avec Dior, en 2022. MARION BERRIN/DIOR

Un élégant monsieur aux cheveux blancs et une non moins élégante dame dont la longue tresse se pose délicatement sur son épaule en pleine discussion… Rares sont les invités du défilé pre-fall 2025 de Dior à Kyoto qui, ce 15 avril, ont reconnu les deux légendes de la photographie japonaise, l’architecte Hiroshi Sugimoto, 77 ans, maître de la lumière, et Yuriko Takagi, 74 ans, qui aime photographier la mode… sans que cela ressemble à de la mode.

C’est à elle que Maria Grazia Chiuri, directrice artistique de Dior, a confié la campagne de cette collection, un hommage au Japon dont les références étaient aussi patrimoniales qu’actuelles, avec à la fois de la soie brodée par l’atelier nippon Tatsumura (qui avait déjà travaillé pour Dior en 1954) et du denim brut, dont les Japonais sont les champions. Maria Grazia Chiuri a donc laissé carte blanche à Yuriko Takagi, qui a apprécié en connaisseuse la subtilité de son travail.

La Japonaise est en effet loin d’être étrangère au secteur : formée dans une école d’art à Tokyo, puis dans une école de mode en Angleterre, elle a commencé par être styliste. « Une styliste médiocre », sourit celle qui connaît bien l’Europe et parle un anglais parfait. Au bout de huit ans, elle s’est lancée en autodidacte dans la photographie et s’est mise à parcourir le monde. Elle a plusieurs fois collaboré avec Issey Miyake, pour lequel elle a capturé des gens, la nature, des instants, bien plus que des vêtements. Elle y a gagné un sens profond de la liberté, qu’elle a exercé dans la réalisation d’un livre, Dior par Yuriko Takagi (à paraître en septembre aux éditions Rizzoli).