L

e sévère recadrage auquel a procédé le président de la République, mercredi 21 mai, lors d’un conseil de défense et de sécurité nationale, a mis provisoirement fin à l’indécente escalade politique à laquelle a donné lieu la diffusion d’un rapport sur l’influence des Frères musulmans en France commandé au printemps 2024 par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur. Sans attendre la tenue de ce conseil, le successeur de ce dernier, Bruno Retailleau, fraîchement élu à la tête du parti Les Républicains, avait cru bon d’exploiter ce moment pour prouver que sa main ne tremble pas à propos d’un sujet qui hante l’extrême droite et la droite françaises autant qu’il lui sert de carburant électoral.

Le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), le 20 mai 2025. LAURENCE GEAI /MYOP POUR «LE MONDE »

Fuite organisée de certains extraits du rapport dans Le Figaro, mise en exergue par ce journal d’un « pays rongé de l’intérieur par l’idéologie frériste », la mise en scène était destinée à mettre en majesté la riposte du ministre de l’intérieur. Le chef de l’Etat a prié M. Retailleau de revoir sa copie et d’aborder plus sérieusement la question. Laisser la surenchère politique prospérer et les tensions s’exacerber sur un sujet aussi sensible est le meilleur moyen de ne pas le traiter correctement.