La présidente du Sénat ivoirien, Kandia Camara, à son arrivée au Congrès des parlementaires à l’Hôtel Ivoire à Abidjan, le 18 juin 2024. SIA KAMBOU/AFP

Il a suffi d’une déclaration de la présidente du Sénat, Kandia Camara, pour relancer en Côte d’Ivoire le débat sur les inégalités d’accès aux soins. L’ancienne ministre des affaires étrangères s’est félicitée, jeudi 15 mai, de la signature d’une convention entre cinq institutions ivoiriennes, parmi lesquelles le Sénat et l’Assemblée nationale, et la compagnie aérienne française Corsair. Celle-ci prévoit des tarifs préférentiels pour les officiels et leurs familles, concernant à la fois le transport aérien et des prestations médicales dans le très réputé Hôpital américain de Paris, partenaire de Corsair, « aussi bien pour les voyages professionnels que privés ».

L’annonce a immédiatement provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et la colère des partis d’opposition, certains dénonçant un « acte scandaleux et honteux » ou jurant tous qu’aucun de leurs élus n’en bénéficierait.

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Pour une fois, il ne s’agit pourtant pas d’une déclaration malencontreuse ou d’un dérapage en interview, comme lorsque la fille de Mme Camara avait déclaré, en 2018, devant des millions de téléspectateurs américains qu’elle devait, lors de ses voyages en Côte d’Ivoire, rapporter du papier hygiénique à sa mère, mais bel et bien d’un discours écrit, prononcé lors d’une cérémonie consacrée à la signature de la convention à l’Hôtel Ivoire, palace et lieu de conférence abidjanais.