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es différents acteurs concernés par la santé des jeunes ont tendance à se focaliser sur leur seul mal-être psychique, surtout s’il se traduit par des comportements à risque : tentatives de suicide, consommation de toxiques, troubles du comportement alimentaire, conduites sexuelles à risque, troubles du sommeil, etc. Or, la souffrance et l’angoisse s’expriment bien par et sur le corps à travers des passages à l’acte, un agir parfois complexe qui remplace une parole impossible. Peut-on réellement concevoir l’efficience du soin à l’adolescence si l’on élude excessivement la place du corps ?

Yannick Neuder, le ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins, à la Pitié-Salpétrière, le 1er janvier 2025. THOMAS SAMSON / AFP

La médecine de l’adolescence, discipline encore en plein essor en France, se définit comme une clinique du changement. Si ce changement s’opère sur plusieurs plans – biologique, psychologique et social –, notre culture occidentale met au premier plan les remaniements psychiques. L’imaginaire collectif façonne ainsi la « crise d’adolescence », un processus pourtant souvent fluide qui orchestre les transformations du corps, de la pensée et des relations aux autres.

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