Illustration d’après la lampe Pipistrello de l’éditeur Martinelli Luce. SARAH BERRI POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

Son abat-jour aux formes rebondies lui tient lieu de carte d’identité depuis 1965 : quatre globes évoquant les ailes déployées d’une chauve-souris, pipistrello en italien, à qui la lampe doit son nom. Une silhouette aux courbes Art nouveau, en rupture avec les lignes rationnelles du design italien de l’époque, signée Gae Aulenti – qui se fera connaître en France dans les années 1980 avec la transformation de la gare d’Orsay, à Paris, en musée.

Cette forme complexe ne rentrant dans aucun moule, l’éditeur toscan Martinelli Luce innovera en choisissant le méthacrylate blanc, un plastique rigide et opalescent particulièrement modelable qui fait alors ses grands débuts dans le monde du design.

Cette chauve-souris-là aime la lumière, et même la grande lumière : s’éloignant de la tradition de l’ampoule unique, Gae Aulenti a logé quatre sources lumineuses à l’horizontale sous l’abat-jour. Ce quadruple éclairage, amplifié par la diffusion opaline du méthacrylate, a évolué avec les technologies : des LED, toujours au nombre de quatre, peuvent se substituer aux ampoules à vis et un modèle lancé en 2020 permet même d’en varier l’intensité.