L
es épisodes guerriers entre l’Inde et le Pakistan ont été si nombreux depuis leur naissance en 1947 qu’on place volontiers le récent conflit sous le signe de la continuité. A tort. Premièrement, cette crise est intervenue alors que le Jammu-et-Cachemire, pour la première fois de l’histoire de l’Inde, ne jouit plus, depuis 2019, de l’autonomie que lui garantissait jusqu’ici la Constitution de 1950.
Cette réforme reflète la logique nationaliste hindoue du gouvernement Modi, pour qui le séparatisme cachemiri s’explique en partie par ladite autonomie, tandis que les partis régionaux, eux, l’attribuent, au contraire, au fait que New Delhi n’a jamais permis la mise en œuvre de cette autonomie.
Depuis 2019, le premier ministre, Narendra Modi, considérait avoir ouvert la voie à une normalisation permettant, notamment, l’essor du tourisme. En réalité, le maintien d’une forte présence militaire (environ 500 000 hommes, soit un soldat pour 10 Cachemiris) et la mise au pas de la société civile, y compris des médias – sans parler de la multiplication des disparitions de jeunes Cachemiris –, continuent d’alimenter de fortes tensions. Le bilan de l’attentat du 22 avril, avec 26 touristes indiens tués, en fait le plus meurtrier de ceux enregistrés depuis 2019. Ce qui montre bien que la normalisation attendue n’a pas eu lieu.








