Pendant l’été, après le fracas des élections législatives, quelques chercheurs et acteurs de la cause environnementale ont tenté de faire entendre une petite musique. Le 11 juillet, le philosophe Pierre Charbonnier publie, dans la revue Le Grand Continent, un long texte, intitulé « Il y a une majorité verte ». « Quelle que soit la marge de manœuvre du ou des gouvernements qui pourraient se former dans les prochains mois, s’agissant des politiques climatiques, un équilibre gouvernemental pourra être trouvé », pouvait-on lire sous la plume de l’essayiste, auteur de Vers l’écologie de guerre. Une histoire environnementale de la paix (La Découverte, 324 pages, 23 euros). Le 18 juillet, Le Lierre, un réseau de fonctionnaires engagés dans la transition climatique, écrit une longue note pour appeler à « la concertation et [à] la coconstruction des politiques » écologiques. Et puis le nom de Laurence Tubiana, incarnation du compromis de l’accord de Paris, adopté en 2015, lors de la COP21, est évoqué pour prendre le poste de premier ministre. Le climat, un sujet mondial par excellence, pourrait-il servir de plate-forme programmatique à une future coalition ?
L’hypothèse Tubiana n’aura en fait duré que quelques heures et le maigre espoir d’une alliance « verte » sera vite noyé dans la bataille des noms pour Matignon. « Sur l’écologie, les échanges pendant l’été et le débat public ont été très faiblards, constate Wandrille Jumeaux, cofondateur du Lierre. Les politiques n’arriveraient peut-être pas à se mettre d’accord, mais ils n’essaient même pas… J’inclus la gauche, qui n’a pas réfléchi à une plate-forme de gouvernement autour de cette thématique. »
